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Un parcours du combattant administratif pour le droit au brevet des enfants nomades

Ironie du sort : tandis que les médias nous martèlent en boucle l’idée d’un brevet des collèges bientôt obligatoire, la réalité est tout autre. Les candidats libres, et en particulier les enfants nomades, doivent encore se battre simplement pour avoir le droit de le passer. Une incohérence qui illustre bien l’écart entre les discours médiatiques et la réalité du terrain.

Les méandres de l’administration française ont en effet encore frappé. En 2025, alors que la mobilité et le nomadisme familial sont une réalité, le système éducatif français s’est retrouvé pris en défaut, incapable de s’adapter à ces nouvelles réalités. Mais après une bataille acharnée, un revirement ministériel a enfin ouvert la voie à une reconnaissance des élèves en dehors du système classique français : ils pourront désormais passer le Diplôme National du Brevet (DNB) en tant que candidats individuels, quelle que soit leur situation éducative antérieure, et ceci même si ils ont moins de seize ans.

Une incohérence administrative kafkaïenne

Tout commence par une demande simple : l’inscription au brevet de ma fille . Ce qui aurait dû être une formalité s’est vite transformé en un véritable parcours du combattant. L’administration, engoncée dans des textes rigides et désuets, a multiplié les refus sous prétexte que l’enfant n’était ni scolarisée en France ni inscrite au CNED réglementé.

Certaines académies, comme en Bretagne, se sont montrées plus ouvertes en acceptant des élèves dans cette situation, tandis que d’autres , comme la notre (Bordeaux), ont opposé des refus catégoriques ! Ce flou total a laissé des familles en détresse, incapables de comprendre pourquoi un enfant français en âge de passer le brevet ne pouvait tout simplement pas le faire.

Une victoire arrachée après des mois d’incertitude

Finalement, après des semaines de questions et d’échanges répétés entre les familles et leurs académies respectives, un arrêté ministériel publié le 26 février 2025 a mis fin à cette absurdité administrative. L’article 4 de l’arrêté du 31 décembre 2015 a été modifié et permet à TOUS les enfants de s’inscrire au brevet en tant que candidats individuels, sans obligation de justifier d’une scolarisation formelle ou d’une autorisation d’IEF en France.

Le texte est incompréhensible, mais m’a été traduit par l’académie de Bordeaux qui a repris contact avec nous pour m’informer de l’avancée de ce dossier.

Extrait du nouvel arrêté :

« Le diplôme national du brevet est attribué dans les conditions fixées à l’article 9 aux candidats qui ne relèvent pas de l’article 3 et qui sont dits ‘individuels’. »

Conformément à l’article 5 de l’arrêté du 26 février 2025 (NOR : MENE2433070A), ces dispositions entrent en vigueur à compter de la session 2025 du diplôme national du brevet, soit le 26 juin 2025.

Ce changement marque une avancée significative pour toutes les familles nomades qui souhaitent maintenir un lien avec le système éducatif français sans être contraintes à des solutions inadaptées.

Un cas révélateur d’une administration dépassée

Au-delà de cette victoire, cette affaire met en lumière l’incroyable rigidité et l’archaïsme de l’administration française. Entre réglementations contradictoires, instructions divergentes selon les académies et absence de coordination ministérielle, les familles ont dû faire face à une gestion ubuesque où chaque mail, chaque réponse, semblait contredire la précédente.

Le système éducatif français peine encore à intégrer les évolutions du monde moderne. À l’ère du télétravail, du nomadisme numérique et de l’apprentissage en ligne, pourquoi l’administration met-elle tant de temps à reconnaître la diversité des parcours éducatifs ? Ce retard administratif, qui force les familles à des démarches interminables pour un simple droit fondamental, montre à quel point une réforme en profondeur est nécessaire.

Et maintenant ?

Si l’arrêté du 26 février 2025 est une avancée, reste à voir comment il sera appliqué. Il est essentiel que toutes les académies se conforment à cette nouvelle réglementation et que plus aucun enfant ne se voie refuser un examen en raison d’un manque de souplesse administrative.

Les familles concernées doivent rester vigilantes et, en cas de difficulté, ne pas hésiter à se mobiliser auprès des associations et des groupes de parents. Cette victoire prouve qu’avec de la persévérance, il est possible de faire bouger les lignes, même face à l’inertie de l’administration française.

Le combat pour une instruction plus inclusive et adaptée aux réalités du XXIe siècle ne fait que commencer !

Infos clés

Attention l’académie m’a demandé de confirmer les informations avant le vendredi 14 mars 2025 pour que ma fille puisse être inscrite pour la session de juin !

5 commentaire

    1. Merci Julie, c’est encourageant de voir qu’en les mettant face à leurs incohérences on peut avancer !

  1. Bonjour,
    j’aimerais savoir si cet arrêté concerne uniquement les familles nomades ou si elle peut s’appliquer à d’autres comme ceux qui ont eu un refus IEF par exemple
    ?
    Merci

    1. Cela ne concerne pas spécialement une catégorie de famille ; cela signifie que tout enfant peut présenter le dnb, quelque soit sa situation par rapport à l’education nationale : donc même si il n’a pas d’utorisation
      J’ai pris l’exemple des nomades car nous étions concernés, mais dans les faits nous étions simplement une famille sans autorisation …

      1.  » une reconnaissance des élèves en dehors du système classique français : ils pourront désormais passer le Diplôme National du Brevet (DNB) en tant que candidats individuels, quelle que soit leur situation éducative antérieure. »

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